Préparer la 25e équipe

Les arbitres sont devenus des athlètes de haut niveau. Werner Helsen, leur préparateur physique pour l'EURO 2016, explique ses méthodes.

Le Belge Werner Helsen travaille avec les arbitres UEFA depuis 1999, il a vu leurs qualités physiques évoluer au fil des années, presque équivalentes aujourd'hui à celles des joueurs malgré la différence d'âge.

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UEFA.org : Quelle dose d'entraînement ont dû supporter les arbitres entre la fin de leur championnat et le début de l'EURO?

Werner Helsen : C'est le même problème que pour les joueurs. Les meilleurs jouent le championnat et vont loin dans les compétitions européennes, c'est pareil pour les arbitres. C'est peut-être un peu plus dur pour eux, qui ont en moyenne 40 ans, il faut donc gérer cela, ils ont besoin de plus de récupération. Ils doivent être en forme mais aussi frais, il faut trouver l'équilibre entre l'entraînement et le repos. Ne pas se concentrer sur l'entraînement pur permet aussi de garder de la fraîcheur également sur le plan mental.

UEFA.org : Comment votre approche a-t-elle évolué au fil des années ?

Helsen : En tant que docteur en préparation physique, il faut toujours chercher la meilleure façon de soutenir les arbitres. Comme un coach, il faut chercher chaque jour où ils peuvent s'améliorer. Récemment, nous avons réfléchi sur la prévention des blessures. Les arbitres sont plus sollicités physiquement depuis 10-15 ans, ils doivent s'entraîner en fonction des exigeances mais ne pas en faire trop non plus.

UEFA.org : Les arbitres assistants ont aussi un programme spécifique.

Helsen : Le jeu va beaucoup plus vite, les arbitres assistants doivent même réagir plus vite que les centraux. Les sprints sont très importants pour eux, à cause de la rapidité des joueurs sur le terrain qui a augmenté depuis sept ans. Sur cette période, le nombre de sprints par match a augmenté de 80% pour un assistant. C'est évident que les assistants doivent aussi développer cette qualité en fonction du match.

UEFA.org : Un être humain a-t-il des limites en termes d'entraînement ? Pensez-vous qu'un jour, le jeu n'ira pas plus vite ?

Helsen : Quand je reçois les données des arbitres, je regarde les rythmes cardiaques, les distances parcourues. Je compare avec les courses à haute intensité des joueurs que je reçois de l'UEFA et je vois que les arbitres font autant de courses (parfois plus) que les joueurs, qui ont 15 ou 20 ans de moins. Pour leur âge, les arbitres sont impressionnants.

UEFA.org : À l'UEFA EURO 2016, certains matches pourraient se disputer sous des températures de 35° ou plus. Comment préparer un arbitre pour ces conditions ?

Helsen : Cela peut avoir un impact majeur. La plus grande obligation, c'est de surveiller son hydratation. Nous faisons très attention à cela avant un match. Pendant le match, c'est le rôle du quatrième arbitre de surveiller que le corps arbitral reste bien hydraté du début de l'échauffement jusqu'au coup de sifflet final.

UEFA.org : Quand vous regardez les arbitres aujourd'hui, vous devez être fier de votre contribution.

Helsen : J'ai commencé à travailler pour l'UEFA en 1999, mon premier EURO était en 2000, en Belgique et aux Pays-Bas. 2016, ce sera mon cinquième. Quand je vois les arbitres et leurs qualités physiques - et je parle ici des plus expérimentés, pas des plus jeunes - j'ai un profond respect pour eux...